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L’acné, un enchaînement de phénomènes à contenir
Par Sophie bouhier

L’acné est une problématique touchant quasiment tous les individus (de 70 à 95 %) avec une très forte prévalence lors de l’adolescence. Le point sur le phénomène, sa physiopathologie, quelques découvertes récentes, ainsi qu’un zoom sur les actifs les plus utilisés dans des produits cosmétiques toujours plus performants

Une étude française menée en 1996 sur un échantillon de neuf cent treize patients âgés de onze à dix-huit ans montre une prévalence de 76 %, avec un pic entre quatorze et seize ans pour les filles et un peu plus tardif (seize à dix-sept ans) pour les garçons. Ces données sont assez similaires à celles des autres pays d’Europe et du monde. Cette étude mettait aussi en évidence l’importance du facteur génétique et montrait que 41 % des jeunes examinés étaient sous traitement topique ou systémique.

Sur le plan topographique, les zones concernées sont : le visage (95 %), la poitrine (20 %) et le dos (40 %). L’extension au tronc, de même que la sévérité de l’acné, a semblé plus fréquente chez les garçons, avec un pic de fréquence à dix-sept ans. Généralement, l’acné s’estompe spontanément entre vingt et vingt-cinq ans. Cependant, l’acné de l’adulte, et plus particulièrement chez la femme, devient de plus en plus fréquente – environ 25 % des femmes – avec des lésions, certes plus modérées, mais persistantes et plus résistantes aux thérapeutiques classiques. Selon le Dr Jacques Peyrot, dermatologue, « le nombre d’adolescents touchés par l’acné a augmenté ces quarante dernières années à cause de facteurs tels que l’alimentation occidentale , la sédentarisation (manque de sport) et les comportements sociaux culturels comme la consommation de drogues et d’alcool. Les travaux du professeur allemand Bodo Melnik confirment que le lait et le sucre sont un facteur supplémentaire favorable ».


Follicule pilo-sébacé, glande sébacée et canal infundibulaire

L’acné est intimement liée au follicule pilo-sébacé. Deux partiesde ce dernier sont plus particulièrement touchées : la glande sébacée et l’épithélium du canal infundibulaire dans sa partie supérieure. Par ailleurs, un facteur infectieux avec une bactérie anaérobie, Propionibacterium acnes, joue un rôle important dans le développement de la réaction inflammatoire au niveau du follicule.
La glande sébacée joue un rôle majeur dans le développement de l’acné du fait de la séborrhée. Cet événement initial de l’acné est dû à la stimulation hormonale des cellules cibles, les sébocytes et les kératinocytes de l’acro-infundibulum. Mais, depuis quelques années, il a été identifié d’autres récepteurs à la surface de la glande sébacée, susceptibles de l’induire. On a notamment identifié des récepteurs aux neuromédiateurs (substances P) et mis en évidence une augmentation des fibres nerveuses libératrices de la substance P autour des glandes sébacées de peaux acnéiques. Sous l’effet d’un stress, cette substance P est libérée et induit une production de sébum permettant ainsi d’établir un lien physiopathologique entre stress et poussée d’acné. Un cercle vicieux s’installe alors.
Le sébum produit par la glande sébacée favorise lui-même le développement de la lésion acnéique. En effet, le sébum est un mélange de squalènes, de triglycérides et de cires. L’augmentation de certains acides gras dans le sébum de l’acnéique a une activité pro-inflammatoire. En outre, le sébum des sujets acnéiques a une concentration élevée en peroxydes de squalènes (peroxydation liée aussi à P. acnes) et en cire, substances connues pour être comédogènes et irritantes. Une carence relative en acide linoléique aurait aussi un rôle comédogène : en raison de l’importante sécrétion sébacée, la quantité d’acide linoléique serait « diluée » dans le flux sébacé.

Le biofilm

Une autre découverte récente a révolutionné la physiopathologie de l’acné : la capacité de P. acnes à former un biofilm. Elle avait déjà été constatée in vitro et lors de l’implantation de dispositifs médicaux et a été confirmée in vivo. Cette coque extracellulaire dense est une véritable enveloppe qui va protéger les bactéries et permettre leur assemblage en colonies. Les polysaccharides qui la composent vont aussi former une colle biologique et augmenter l’adhérence aux kératinocytes. Une étude de 2012 a ainsi montré que les biofilms de P. acnes étaient significativement plus présents dans
la population acnéique.
Le biofilm expliquerait le retard de pénétration et la résistance aux antibiotiques de l’acné, la nécessité d’un traitement prolongé et augmenté dans cette affection, et la tolérance de P. acnes à de fortes concentrations d’antibiotiques, notamment ceux classiquement utilisés tels les cyclines et les macrolides.

Les bactéries

La peau représente un vaste écosystème bactérien et lévurique. Elle est colonisée à sa surface par de nombreux germes commensaux ou pathogènes. Certains sont toujours présents, il s’agit de la flore résidente, tandis que d’autres sont retrouvés de façon transitoire : c’est la flore transitaire.
L’étude de l’ADN de Gram positif, une corynébactérie anaérobie, a permis de mieux expliquer l’exacerbation de certaines acnés. Il apparaît aujourd’hui que ce germe occupe une place clé dans l’acné, davantage par son action pro-inflammatoire qu’infectieuse, en initiant la réaction inflammatoire dans le follicule pilo-sébacé, puis en assurant sa diffusion et son maintien.

Privilégier les thérapeutiques externes

Pour le Dr Peyrot, « les traitements par antibiotiques sont à éviter au maximum, tant leurs conséquences peuvent avoir des répercussions importantes à de nombreux niveaux. J’explique que la peau met quatre semaines à se renouveler. C’est le temps nécessaire pour mesurer les résultats d’un traitement cosmétique. Au besoin, je peux prescrire un antidépresseur aux personnes pour lesquelles l’acné a des répercussions importantes sur l’image de soi. Cela permet de tenir bon, le temps de changer ses habitudes ».
Selon ce dermatologue qui a participé à l’élaboration de la dernière gamme de produits Exfoliac lancée par Noreva, « une grande partie du défi consiste à ce que les nouveaux cosmétiques ciblent les bonnes des mauvaises bactéries du microbiome de la peau ».

Les rétinoïdes

Agissant en augmentant le turn over des cellules épithéliales, notamment au niveau de l’infra-infundibulum du follicule sébacé, mais également sur l’inflammation, les rétinoïdes ont encore de beaux jours devant eux. Ils favorisent essentiellement l’expulsion des comédons ouverts et fermés. Cependant, après arrêt, les microcomédons réapparaissent, d’où la nécessité d’un traitement d’entretien afin de limiter les récidives.

L’effet secondaire le plus souvent rencontré est une irritation et un effet asséchant. De plus, il existe une sensibilité accrue au soleil liée à la diminution de la couche cornée, nécessitant l’utilisation d’une crème solaire.

Lipobactol

Le Lipobactol va cibler le biofilm (voir encadré). Sa grande miscibilité au sébum lui permet de rejoindre l’intérieur du follicule pilo-sébacé. Par biomimétisme, il va alors s’intégrer au coeur du biofilm où il pourra agir en profondeur sur les causes mêmes de l’acné en :
• limitant la prolifération de P. acnes, dans le respect du microbiome et de l’écologie cutanée. En effet, le Lipobactol est capable d’inhiber
spécifiquement et fortement cette souche bactérienne, même à de très faibles concentrations et sans développement de résistance ;
• réduisant l’inflammation par inhibition des enzymes clés de la cascade inflammatoire ;
• renforçant le système de défense antioxydant qui va potentialiser encore la lutte contre le phénomène inflammatoire ;
• réduisant de 40 % l’enzyme clé dans l’entretien de l’hyperséborrhée.

L’AH 300
Il s’agit d’un acide hyaluronique au poids moléculaire contrôlé (300 kDa) spécifiquement étudié pour :
• stimuler la réparation des tissus cutanés via la migration des fibroblastes ;
• activer la production de collagène ;
• activer les récepteurs kératinocytaires (TLR2 et TLR4), qui augmentent la production des peptides de défense antibactérien et antifongique.
AS Caps
Béta Hydroxy Acide nouvelle génération, l’AS Caps est un acide salicylique issu d’un procédé unique d’encapsulation microsphérique.
Cette nouvelle technologie allie l’efficacité de l’acide salicylique, reconnu comme exfoliant puissant et couramment utilisé dans le traitement anti-acnéique et des hyperkératoses, à un système de libération prolongée grâce aux microsphères qui permettent une diffusion optimale et durable. Ceci permet de lisser le grain de peau tout en maintenant une excellente tolérance.
Oméga HA
Actifs reconnus pour leur pouvoir de contrôle de la prolifération des cellules, ils permettent de limiter l’épaississement de l’épiderme en réduisant l’hyperkératinisation. La peau maintient son homéostasie, évitant ainsi l’obstruction des pores et la rétention de sébum et diminuant le risque de réobturation du follicule. Ils agissent en synergie avec les BHA pour éviter tout effet rebond.


Six objectifs
de la lutte
contre l’acné

1.
Cibler le biofilm des
colonies de P. acnes
2.
Limiter
l’hyperkératinisation
3.
Apaiser les papules
douloureuses
4.
Réduire et limiter
la séborrhée
5.
Eviter l’effet rebond
provoqué par
des traitements
trop agressifs
6.
Limiter l’apparition
des cicatrices post-acné

 

 
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