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LA CICATRISATION : Soigner les marques de la vie quotidienne.

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Par Leslie Carombo

Dans une vie, on subit des lésions suite à différents événements. Ces différentes blessures causent des marques physiques  plus ou moins conséquentes, souvent inesthétiques, les cicatrices. Elles peuvent provoquer des modifications de couleur de peau ou d’aspect de l’épiderme. Comment les soigner lorsqu’elles sont récentes ou anciennes ? Que faire pour qu’elles s’atténuent ou disparaissent ? Quel traitement privilégier selon la cicatrice ?

La cicatrice est une lésion du derme plus ou moins profonde. Elle diffère de forme et d’aspect selon plusieurs facteurs : les causes de son apparition, l’âge, les origines ethniques et facteurs génétiques.

Le processus normal de cicatrisation
La cicatrisation se fait par étapes :

  • La vascularisation : le sang coagule. Un caillot se forme, il protège la formation de nouveaux tissus

  • L’inflammation : les globules blancs nettoient et éliminent tout microbe voulant s’implanter dans la peau. La peau est gonflée et sensible (cicatrice rouge)

  • La réparation du tissu dermique et épidermique : élimination des cellules mortes. Il y a prolifération de nouveaux tissus et  reconstruction de l’épithélium (la plaie se referme)

  • Le remodelage et  la maturation de la cicatrice : selon la précédente étape, la profondeur et la grandeur de la plaie influent sur la durée et l’esthétisme de la cicatrice


Nous ne sommes pas égaux dans la cicatrisation de la peau : à qualité de soins et de sutures identiques, certains vont avoir une cicatrice fine et claire, d'autres, une cicatrice foncée ou hypertrophique, demandant plus d'attention pour l’atténuer. Ainsi une simple cicatrisation du derme sera toujours plus rapide qu’une cicatrisation en cas de lésion des tissus situés sous le derme. En général, elle s’estompe avec le temps et devient moins visible ; son processus de guérison et son évolution prennent de 6 à 18 mois. Certaines cicatrices guérissent naturellement. D’autres nécessitent un traitement supplémentaire.

Les causes des cicatrices
Elles proviennent de différents problèmes : blessures et plaies, acné ou varicelle, vergetures, brûlures, acte chirurgical, percing, tatouage, etc.

Les problèmes de cicatrisation
Différents facteurs influencent la formation d’une cicatrice :

  • L’âge : la peau cicatrise plus lentement chez les personnes âgées, tandis que les peaux jeunes peuvent avoir tendance à « sur-cicatriser » et former des cicatrices plus larges et plus épaisses

  • Les facteurs génétiques et le type de peau : les personnes d'origine africaine ou asiatique ont plus de risques de développer des cicatrices anormales comme les chéloïdes, et souvent plus foncées que la peau. Elles peuvent être sources de douleurs ou de démangeaisons, mais sont surtout gênantes esthétiquement.

  • La localisation de la cicatrice : les cicatrices situées au niveau de muscles très actifs, comme ceux du dos, des jambes, des épaules et des articulations, ont souvent tendance à s'étendre ou à devenir plus visibles que celles qui se forment sur des zones moins mobiles.

  • Les infections: une infection de la lésion augmente le risque de développer une cicatrice anormale . Elle peut être immédiate ou survenir dans un second temps, ce qui risque de retarder la cicatrisation et de la rendre inesthétique notamment à cause des micro-organismes.

  • L’hygiène de vie : le tabagisme est responsable des retards de cicatrisation (problème de vasoconstriction des vaisseaux sanguins), la malnutrition (manque de vit A, C, K et d’oligo-éléments tels que le cuivre, le zinc et le manganèse), le stress, etc.

  • La prise de traitements et certaines pathologies : certains traitements retardent ou compliquent la cicatrisation comme les corticoïdes, la chimiothérapie, les anesthésiques locaux.  Le diabète, les problèmes vasculaires,  les déficits immunitaires (VIH, Cancers, immuno-dépression), les troubles de la coagulation et certaines anomalies génétiques par exemple accentuent les problèmes de cicatrisation.

  • Les chéloïdes : la cicatrisation forme un cordon rouge ou marron foncée selon le phototype et en relief sur la peau. Une chirurgie esthétique peut être nécessaire surtout chez les peaux noires, métisses et asiatiques.

  • Les vergetures : cicatrice provenant de plaies qui n'ont pas été suturées.

Comment soigner les cicatrices ?
Avant de traiter une cicatrice, il faut reconnaître son type et adapter le traitement. La plupart des traitements fonctionnent mieux sur les jeunes cicatrices que sur les anciennes. Une vraie économie de temps et d’argent !

L’exfoliation  régulière reste une étape importante dans l’esthétisme d’une cicatrice car elle favorise le renouvellement cellulaire de la peau et améliore l’efficacité d’un traitement. Certains traitements nécessitent un suivi médical et d’autres non, notamment ceux vendus en vente libre (crème, lotion, sérum).

Donc à chaque cicatrice, son traitement !

  • Traitement « fait maison » : sur les brûlures ou cicatrices post-acné  par exemple, l’application d’un mélange d’huiles de carotte ou de macadamia avec quelques gouttes d’huile essentielle de lavande ou de curcuma enrichie à la vitamine E avec une pointe de miel est un cocktail puissant d’anti-oxydants  qui aident au renouvellement cellulaire et à la cicatrisation de la peau. Le beurre de cacao est souvent utilisé sur les brûlures et l’aloe vera a des propriétés anti-inflammatoire et bactéricide, très efficaces sur les cicatrices fermées et récentes. Elle apaise et aide à la régénération de la peau en réduisant la cicatrice dans le temps. On utilise également du bicarbonate de soude qui élimine les cellules mortes par une exfoliation douce du tissu cicatriciel.


  • Les produits pharmaceutiques : vendus sans ordonnance, ils répondent à la réduction de l’aspect des cicatrices  des plaies superficielles et les efface. Certaines marques comme P.O.12REPAR® ont des formulations uniques et des galéniques adaptées pour optimiser la cicatrisation pour toute la famille.  Des ingrédients qui assurent la production de collagène pour réparer les tissus (Arginine, bêta glutane, acide hyaluronique) et pour protéger la lésion de l’environnement (sucrafalte, D-panthénol).


D’autres comme Cicalfate® d’Avène, Cicabio® de Bioderma, Ialugen® Cica  des Laboratoires Genevrier  ou Cicadiane®  de Noreva contiennent des agents réparateurs, antibactériens, hydratants et restructurants avec des formules pour les irritations sèches, suintantes ou consécutives à des actes dermatologiques comme la dermabrasion. Tous ces produits sont efficaces sur des lésions et plaies superficielles.

Les pansements en silicone sont innovants pour traiter les cicatrices inesthétiques. La silicone active réhydrate, adoucit et efface la cicatrice. Et la pression du pansement permet de l’aplanir par compression, 8 à 12 semaines de soins sont nécessaires.

Pour  soigner les cicatrices pigmentaires, un produit anti-taches et un unifiant comme routine de soin suffisent. Différents actifs sont particulièrement efficaces pour estomper ces taches pigmentaires. Le rétinol, l’acide glycolique et la vitamine C font partie des plus courants. Mais ces actifs sont photosensibilisants. Il faut donc utiliser l’anti-tache le soir ; et le matin, mettre une crème avec un indice de protection solaire (> SPF 30). Pour commencer à traiter une cicatrice post-acné, il faut attendre que le bouton ait complètement disparu sous peine de « creuser » encore plus la lésion et de créer une cicatrice plus étendue.
Les crèmes blanchissantes à base d’hydroquinone (préparation magistrale) agissent sur l’aspect des cicatrices comme les vergetures, les hyperpigmentations, les taches post-acné ou varicelle mais elles décolorent la peau. Ces crèmes sont interdites à usage cosmétique depuis 2001 du fait de leurs propriétés cancérogènes (cancer de la peau) mais sont données sous prescription et suivi dermatologiques sur 1 mois.

  • Les traitements médicaux tels que la corticothérapie, la dermabrasion, le peeling chimique,  le laser et les injections sont souvent utilisés pour traiter les cicatrices plus profondes ou problématiques. Mais ils restent des traitements onéreux malgré leur efficacité sur :

- Les cicatrices pigmentaires
- Les chéloïdes et hypertrophiques
- Les brûlures
- Les plaies opératoires
- Les vergetures




Focus sur les traitements médicaux

La dermabrasion
est utilisée pour les cicatrices d’acné, de piqûres d’insectes, etc. C’est est une technique chirurgicale visant à retirer la couche supérieure du derme par exfoliation avec une brosse métallique rotative ou un forêt en diamant. La peau est « grattée » par de petites meules au niveau de l’épiderme. Très efficace sur les cicatrices d’acné et utilisée  sur la couperose et les ridules. Plusieurs semaines après l’intervention, la peau se renouvelle et atténue la cicatrice. Cette technique est à éviter sur les chéloïdes ou toutes cicatrices hypertrophiques plutôt sensibles.
Le peeling chimique a prouvé son efficacité sur les hyperpigmentations et taches ou crevasses post-acné. Il est pratiqué sur des cicatrices superficielles du visage et des jambes. Il en existe des différents : superficiels (acides de fruit), moyens (TCA) et profonds (phénol). Le produit est appliqué à l’aide d’un pinceau ou d’une gaze, puis rincé à l’eau. L’application du produit chimique entraîne une sensation intense de brûlure. Durée de l’intervention : 15 minutes à 1 heure 30 minutes. Deux semaines après, la peau pèle en laissant une « nouvelle peau » plus lisse. Plus le peeling est profond, plus il est incommodant (croûtes, rougeurs, enflure, hypersensibilité). Il entraîne une desquamation plus ou moins importante de la peau et gomme les cicatrices au fil des séances. Pour la disparation d’hyperpigmentation prononcée, plusieurs séances sont nécessaires. Les peelings moyens et profonds ne sont pas recommandés aux peaux noires. La « nouvelle peau », hypersensible, nécessite une haute protection solaire plusieurs semaines après l’intervention.
Le laser est une technique efficace sur les chéloïdes et les cicatrices hypertrophiques ou profondes que ni le peeling chimique, ni la dermabrasion ne peuvent traiter. On brûle les tissus cicatriciels qui permettent de renouveler la peau. Le laser permet de cibler des zones très précises sans endommager la peau autour. Il en existe différents types, certains nécessitant une hospitalisation ainsi qu’une anesthésie générale. Pour les cicatrices d’acné, le laser CO2 et le laser Erbium Yag sont les plus indiqués. Là aussi un seul type de laser est conseillé pour les peaux pigmentées mais doit être utilisé par des praticiens connaissant bien les particularités de ces phototypes (IV à VI). La procédure peut être douloureuse mais une crème anesthésiante est souvent appliquée avant. Plusieurs séances peuvent être nécessaires pour faire disparaître la cicatrice. Le prix dépend de la zone à traiter et de la profondeur de la cicatrice !
Les injections de stéroïdes sont une alternative au laser pour les chéloïdes. On injecte des substances comme l’hydrocortisone sous la peau qui entoure la cicatrice. On peut également enlever ou couper la chéloïde avant de faire l’injection. C’est une technique à éviter sur les peaux noires malgré leur belle efficacité sur les chéloïdes car elle décolore la peau. Dans les cas extrêmes, les chéloïdes sont traitées à l'aide d'une radiothérapie à faible dose, combinée aux autres méthodes décrites, mais les résultats sont très variables.
Les injections de collagène ou combleurs sont une technique utilisée pour améliorer l’aspect des cicatrices creuses comme les marques de varicelle. Le collagène est injecté sous la peau pour combler la cicatrice. Malgré son efficacité, ce traitement est provisoire car l’organisme absorbe le collagène naturel. Il faudra refaire une injection 4 mois après la première. Un test dermatologique est nécessaire pour déceler une éventuelle allergie au traitement.
La corticothérapie, la pressothérapie et des crèmes ou sérums sont différentes techniques recommandées pour traiter les brûlures. Mais les cicatrices de brûlure sont difficiles à traiter vue qu’elles peuvent être profondes et marquées et nécessite un traitement plus long que les petites cicatrices. La corticothérapie consiste à injecter sur toute la longueur de la cicatrice de brûlure des corticoïdes « retards ». Ce traitement se fait en plusieurs séances régulières et peut durer entre 7 semaines et 3 ans. Quant à la pressothérapie, elle aplanit la cicatrice sur toute sa longueur grâce à des pansements siliconés compressifs. Cette compression réduit la production anarchique de collagène. Le traitement dure entre 7 mois et un an.


RECOMMANDATIONS
  • En premier soin : nettoyer et désinfecter la plaie avec un antiseptique. Si elle est profonde et confuse, consulter un médecin.

  • En cas de cicatrices post-opératoires, tant que la plaie suinte, saigne ou s'écoule, il faut la protéger en cas de douche ou bain.

  • Avant de suivre l’un des traitements, assurez-vous que la zone de la peau lésée est guérie et que la cicatrice soit bien visible à l’œil.

  • Le massage doux : il favorise la circulation sanguine et empêche la décoloration de la peau et la formation de tissu fibreux et donc de chéloïde

  • Utiliser un produit solaire SPF 30 à 50+ car il réduit significativement l’apparence de la cicatrice (couleur) surtout si elle est récente et donc sensible aux UVA (photosensibilisation)

  • La plupart des traitements médicaux (peeling, laser, dermabrasion, injection) sont très délicats sur les peaux noires et métissées qui interagissent avec beaucoup d’entre eux.

  • L’utilisation de maquillage couvrant professionnel permet de camoufler les cicatrices les plus inesthétiques et envahissantes.


Plusieurs traitements sont  possibles mais dans la bataille contre les cicatrices, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Tout traitement est plus efficace sur des cicatrices récentes.

 
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