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Choisir sa coloration capillaire
Par STEPHANIE ROBERT

Dissimuler ses cheveux blancs, changer ou enrichir sa couleur naturelle grâce aux colorations capillaires est devenu un rituel beauté pour plus de la moitié des femmes. Les formules proposées par les fabricants ont évolué pour offrir plus de brillance, de soin et de sécurité. Comment trouver la coloration qui correspondra le mieux à ses attentes ? Coloration oxydante, végétale ou semi-permanente ? Tout dépend de l’intensité désirée, de la gamme de nuances proposée, de la capacité de couverture des cheveux blancs, de sa sensibilité aux allergies, notamment.   









On estime aujourd’hui que 60% des femmes et 5 à 10% des hommes se colorent les cheveux, avec en moyenne 6 à 8 applications par an. La pratique est loin d’être nouvelle ! Il y a 6 000 ans, les Egyptiennes utilisaient déjà les feuilles de henné pour obtenir des reflets acajou, et les Romains recouraient aux sels de plomb pour teinter leurs cheveux gris. Environ 38 % des utilisateurs réalisent leur coloration à la maison, avec des produits achetés en grande surface ou en (para)pharmacie. Parmi toutes les formules proposées, on retient trois grandes familles, qui se distinguent par leurs propriétés, leur mode d’action et leur composition.  

Les colorations d’oxydation permanente

C’est de loin la coloration la plus utilisée. Elle représente 80 % des teintures vendues dans le commerce. Présentées en kit, ces teintures contiennent deux flacons, le corps colorant et le corps oxydant, que l’on mélange juste avant l’application.

Le principe est de décolorer les pigments naturels pour les remplacer par des pigments synthétiques. Elles agissent par réaction chimique : une substance alcaline (souvent l’ammoniaque) ouvre les écailles et gonfle le cortex. Elle libère l’oxygène de l’oxydant qui pénètre à l’intérieur du cheveu et dissout en partie les pigments naturels (mélanine). Les précurseurs de la couleur pénètrent à leur tour dans le cortex et, se polymérisent pendant le temps de pose. Après rinçage, et grâce à un shampoing de pH acide, les écailles se referment et emprisonnent les pigments artificiels.

Structure du cheveu: Une enveloppe transparente, la cuticule, enrobe le cortex qui contient les chaînes kératiniques et les pigments naturels (mélanine).

Dans la coloration oxydante permanente, les pigments synthétiques pénètrent et se polymérisent à l’intérieur du cortex.

Les avantages sont multiples : ces colorations sont faciles d’utilisation, simples à appliquer et le temps de pose est réduit (20 à 40 minutes environ). Elles couvrent parfaitement les cheveux blancs et la gamme de teintes est étendue. La coloration est irréversible : la disparition totale du colorant se fait au fur et à mesure de la repousse et des coupes successives. Elle résiste aux shampoings et aux agressions extérieures. Néanmoins, au bout de quatre semaines, la coloration s’oxyde et perd de son éclat.
Après 3 à 4 semaines, on constate un « effet racine », parce que celles-ci repoussent avec leur couleur originelle. Ce phénomène est d’autant plus visible que le changement de teinte est grand. Une nouvelle coloration est nécessaire, mais il convient alors de ne l’appliquer que sur les racines puis de l’allonger sur les longueurs, afin de ne pas surcharger celles-ci et qu’elles conservent leur brillance.

Les colorations végétales gainantes

Les végétaux sont utilisés depuis l’antiquité pour colorer les cheveux. On pense principalement au henné, obtenu en broyant les feuilles séchées d’un arbuste originaire d’Inde et d’Arabie. Les tanins contenus dans la plante permettent la fixation des pigments sur la cuticule des cheveux. On utilise aussi les pouvoirs colorants d’autres plantes comme la camomille, l’indigo, le café, le brou de noix, l’hibiscus, le curcuma, etc. Elles peuvent être associées pour étendre la palette des reflets. Réduites en poudre, on les mélange avec de l’eau chaude pour obtenir une pâte que l’on applique mèche par mèche sur les cheveux, en cataplasme.

La préparation, l’application et le temps de pose (de une à plusieurs heures) sont plus contraignants que dans le cas des colorations d’oxydation. Les colorants végétaux agissent comme une lasure ou l’aquarelle, par transparence : les pigments sont déposés à la surface du cheveu mais ne la pénètrent pas. La fibre capillaire est préservée. Le résultat est naturel, les reflets sont chauds et nuancés. Le henné agit également comme un soin, en gainant la fibre capillaire, lui apportant volume et brillance.


Ces colorations ne couvrent pas à 100% les cheveux blancs. En répétant les applications et en augmentant les temps de pose, il est possible d’intensifier la couleur et d’améliorer la couverture, les pigments se déposant par couches successives. La teinte disparaît au fil des lavages, avec une tenue maximum de 10 à 12 shampoings. Les colorations végétales ne génèrent pas de repousses visibles (pas d’effet racine). La gaine de henné ne permet plus de faire une permanente, un défrisage, des mèches ou une coloration classique, il faudra attendre la disparition de la coloration.

Colorations d’oxydation :
de quoi sont-elles constituées ?

   
Généralement, le corps colorant contient:


  • Les colorants indirects ou précurseurs qui pénètrent à l’intérieur de la fibre et se polymérisent dans le cortex. Pour la plupart, ce sont des molécules synthétiques de la famille des diaminobenzènes (phényldiamines), diaminotoluènes (toluylènediamines), aminophénols, diphénols, polyphénols, naphtols.

  • La substance alcaline qui libère l’oxydant et gonfle le cortex (ammoniaque ou éthanolamine).

  • Des excipients, des régulateurs de pH, des antioxydants, des stabilisants, des adoucissants, des parfums…

Le corps oxydant, quant à lui, contient du peroxyde d’hydrogène (eau oxygénée), des stabilisants, des épaississants et adoucissants.

Les colorations temporaires ou semi-permanentes

Vendues en mousse, crème ou gel, elles n'impliquent pas de processus de décoloration ni d’oxydation, ce qui préserve la fibre capillaire. Les colorants sont synthétiques et dits « directs » car déposés sur le cheveu. Les colorations temporaires restent à la surface de la cuticule et s’éliminent au premier shampoing. Les couleurs semi-permanentes s’estompent, elles, en 4 à 10 shampoings. Elles sont prêtes à l’emploi, faciles à appliquer avec un temps de pose réduit (10 à 30 mn). Elles permettent de recouvrir les cheveux blancs par transparence, s’ils ne dépassent pas 15% de la chevelure. Au-delà de 15% de cheveux blancs, elles sont à éviter en raison de reflets trop vifs.

Sur quels critères choisir sa coloration ?

Couverture des cheveux blancs


Seules les colorations d’oxydation permettent de couvrir 100% les cheveux blancs. Pour les colorer durablement et efficacement, il est en effet indispensable d’ouvrir les écailles et de faire pénétrer les pigments à l’intérieur du cortex. Les colorations végétales et semi-permanentes les teintent par transparence. Si les cheveux blancs sont trop nombreux, les reflets risquent d’être vifs et le résultat peu satisfaisant.  

• Couleurs et nuances

La coloration d’oxydation offre une palette de couleur souvent étendue. Elle permet d’éclaircir les cheveux de un à trois tons, contrairement aux colorations végétales et semi-permanentes. Les colorations oxydantes possèdent une échelle de hauteurs de ton notées de 1 (noir) à 10 (blond), et une autre pour les reflets, notée de 0 à 7. Le premier chiffre indique la hauteur de ton, les suivants correspondent aux reflets. Par exemple, 6,34 signifie « Blond foncé doré cuivré ».

Au-delà des goûts personnels, le choix de sa couleur dépend aussi de son âge, de sa carnation et de sa teinte naturelle. Les couleurs les plus extrêmes sont à réserver de préférence aux plus jeunes. Avec l'âge, elles deviennent peu flatteuses. Mieux vaut choisir des teintes plus douces, du type miel ou caramel. En matière de carnation, il est préférable d’éviter les contrastes trop forts, par exemple, une peau très pâle avec des cheveux noirs, ou un teint très foncé avec des cheveux blonds. L'idéal est de choisir une couleur qui crée un léger contraste avec la peau. Ce sera plus harmonieux et naturel.

• Risques

Les colorations d’oxydation contiennent toutes des substances chimiques, dont certaines sont irritantes ou peuvent provoquer des allergies. La réglementation impose des seuils à ne pas dépasser pour limiter tout risque. « Au vu de la littérature scientifique, la coloration ne pose pas de problème, du moment que l’on respecte les précautions d’emploi, les produits sont rincés, le temps de pose est court. Les femmes enceintes ne doivent pas utiliser de coloration pendant le premier trimestre, il n’y a pas de contre-indication concernant les femmes qui allaitent. Le seul risque est la réaction allergique, et pour s’en prémunir, il faut réaliser un test de sensibilité 48h avant » assure Hélène Krauze, médecin-conseil pour le groupe Alès (marque Phyto).

• Santé des cheveux

Modifiant la structure du cheveu, la coloration oxydante sensibilise la fibre capillaire et contraint à appliquer des soins et des shampoings adaptés. Ce n’est pas le cas des colorations végétales.

Hauteur de ton

 

Reflets

 

Noir

1

Naturel   

0

Brun     

2

Cendré  

1

Châtain foncé

3

Irisé   

2

Châtain

4

Doré    

3

Châtain clair

5

Cuivré

4

Blond foncé  

6

Acajou

5

Blond  

7

Rouge  

6

Blond clair  

8

Vert  

7

Blond très clair  

9

   

Blond très très clair  

10

   



Coloration d’oxydation :
quels impacts sur la santé ?

Les colorations oxydantes présentent des risques avérés d’allergies et sont suspectées d’augmenter les risques de cancers. Concernant ce dernier point, les études menées jusqu’alors sont contradictoires, selon la synthèse établie par l’Institut National du Cancer américain (NCI) en 2011. « Certaines études indiquent que les personnes qui ont commencé à utiliser les teintures capillaires avant 1980 ont un risque accru de développer un lymphome non-hodgkinien » mais aussi que « la preuve de l'augmentation des risques d'autres cancers liée à l'utilisation des teintures capillaires est limitée et contradictoire ».
Quant à la Commission européenne, dans un avis publié en 2002, le Comité scientifique des produits de consommation (CSPC) déclarait que « des indices épidémiologiques démontraient que l’utilisation régulière et à long terme de teintures capillaires pouvait être liée à l’apparition du cancer de la vessie ». En 2006, elle a interdit 22 substances contenues jusqu’alors dans les formules dont les fabricants n’ont pas pu prouver leur innocuité (par exemple, le 2,4-Diaminodiphenylamine ou le 1,7-Naphthalenediol).
En mars 2011, le magazine 60 millions de consommateurs a analysé la composition de 18 teintures oxydantes. Sur la base de l’évaluation toxicologique, la revue ne reconnaissait qu’une seule marque comme « acceptable », les 17 autres étaient « fortement déconseillées » ou « déconseillées », car contenant des substances chimiques potentiellement toxiques. Les plus problématiques sont la famille des amines aromatiques, notamment le toluène-2,5 diamine et le paraphénylènediamine (PPD), connus pour provoquer de graves réactions allergiques.

 

 
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