Herboristerie : la nature a horreur du vide. - Pharma Beaute Mag

Rechercher
Aller au contenu

Menu principal :

Herboristerie : la nature a horreur du vide.

Articles

Par Alexandre Lejeune


Un Français sur deux recourt aux plantes médicinales pour prévenir ou traiter les pathologies. Les herboristeries, en voie d’extinction, cèdent aux pharmacies un terrain fertile, peu cultivé où s’élèvent encore certaines barrières corporatistes.


L’herbe coupée sous le pied des herboristes
 
Une offre, une demande, un vide juridique. Là où passe le Monopole pharmaceutique, l’herbe ne repousse plus. En 1941, le Gouvernement de Vichy promulgue la suppression du diplôme d’Herboriste, tout en autorisant les titulaires du sésame, avant date échue, à exercer librement. La Loi, votée sous un pouvoir illégitime, dans un contexte obscur, pour satisfaire des intérêts connivents, pose la question de la formation et du statut des acteurs. Si la botanique fait partie intégrante du programme universitaire des étudiants, il n’existe pas, au sein de l’Ordre National des Pharmaciens, de section herboristerie.
Hormis les compléments alimentaires, les plantes médicinales restent l’apanage des officines. Le système tient sa logique par la légitimité de la blouse blanche ; à condition de s’investir et de sortir des sentiers battus tracés par les lobbies. Alain Robert, Titulaire de la pharmacie Saint-Joseph, au Mans, martèle : « L’installation d’un comptoir dédié à l’herboristerie, au sein d’une officine, nécessite une remise à niveau des compétences, une plus grande main d’œuvre et des préparatoires de qualité ». La profession doit s’organiser pour ne pas reléguer ses compétences à la simple délivrance de boîtes de chimie. Quelques visionnaires l’ont compris. Là où certains inscrivent la modernité du métier dans la baisse constante des prix, d’autres privilégient l’adéquation avec la tendance actuelle. Anton & Willem, réseau de pharmacies sous enseigne, oriente sa stratégie autour des médecines douces, en complément des remèdes allopathiques, au sein d’une architecture dynamique, indépendante et innovante. Antoine Marchant, l’un des fondateurs de la marque, rompt avec le scepticisme ambiant : « Nous préconisons la spécialisation complète des officines et l’herboristerie peut être une solution. Pour cela, elles doivent dégager de la surface de vente des produits conventionnels, car la médecine alternative peut rapporter jusqu’à 40 % de marge. » Dans ces conditions, l’officine devient le pivot de destination pour toute la chalandise.
Pharmacie Anton & Willem : L’enseigne Anton & Willem joue la carte de la médecine douce en complément des médicaments allopathiques.
Laboratoire de Combe d’Ase : Le Laboratoire de Combe d’Ase propose une gamme de produits prêts à l’emploi pour initier les patients à l’aromathérapie. (Crédit Photo : Cécile Hallé Des Fontaines)
Une pépinière d’entreprises

Avec un marché porteur d’un peu moins de 2 milliards et demi d’euros, le secteur récolte les fruits d’une manne conséquente. L’aromathérapie y tient une place prépondérante. Avec 180 millions d’euros de chiffre d’affaires, pour ses produits vendus en pharmacie (soit une hausse de 16 % en un an, selon les données de la société OpenHealth), elle a le vent en poupe. Beaucoup d’entreprises misent sur la pédagogie et la traçabilité des produits. Le Laboratoire de Combe d’Ase, avec ses 207 huiles essentielles, ses 24 eaux florales et ses huiles végétales, répond aux besoins des personnes proches de la nature, avec une optique transparente en vers les pharmaciens. Françoise Rapp, Aromathérapeute de l’enseigne, souligne la qualité de ses matières premières : « Nous avons développé une gamme de prêt à l’emploi permettant d’utiliser les plantes sans danger. On travaille surtout sur le côté didactique. Pour toute vente professionnelle, on fournit des bulletins d’analyses avec les normes AFNOR et toutes les certifications. » Cette rigueur fait écho à l’exigence de la législation stricte et restrictive en matière de pharmacopée.
Le monde des cosmétiques se met également au diapason des ingrédients naturels. Les périodes de grossesses mettent la peau à rude épreuve. Acné, vergetures, sébum, si certaines crèmes conviennent à certains pores, elles ne s’adaptent pas au « pigment » du port de la vie. Beautanicae propose des soins, issus des plantes de l’herboristerie, appliquées à la maternité. Les lotions allient bien-être et beauté. Valérie Blard-Morrisey, passionnée depuis toujours par la flore, a fondé sa société sur les bases d’une expérience personnelle : « Lors de ma seconde grossesse, j’ai eu une poussée d’acné et une peau très grasse, je suis donc allée voir un dermatologue qui ne m’a pas convaincue. Après une étude de marché, je me suis rendu compte qu’il n’existait aucun soin visage pour femmes enceintes ; je me suis donc lancée. » Son succès, elle le doit à une véritable approche consommatrice et catégorielle.
Avec 63 % des Français accordant leur confiance dans la phytothérapie, le marché s’avère florissant. Sans une adaptation des pharmacies aux nouvelles réalités, le consommateur se dirigera vers des distributeurs de substitution, certes compétents, mais inhabilités à fournir une allégation de santé.
 

     — Anton et Willem : www.anton-et-willem.fr
     — Laboratoire de Combe d’Ase : www.lca-aroma.com
     — Beautanicae : www.beautanicae.com
     — Pharmacie Saint-Joseph : www.saint-joseph-pharmacie.fr

 
Pharmacie Saint-Joseph : La pharmacie Saint-Joseph au Mans a créé un espace dédié à la phytothérapie et aromathérapie en adéquation avec la demande des patients.
 
Agenda
Retourner au contenu | Retourner au menu