Article - Pharma Beaute Mag

Rechercher
Aller au contenu

Menu principal :

Article

Articles > Dermocosmetique

LA DERMOCOSMETIQUE : UNE ALLIEE EN ONCOLOGIE

Par Leslie Carombo



On compte environ 365 000 nouveaux cas de cancers chaque année en France avec environ 200 000 hommes et 155 000 femmes atteints de cancer.  L’âge moyen de survenue d’un cancer est d’environ 67 ans. L’avancée et la prise en charge globale du cancer propose aujourd’hui une médecine personnalisée et efficace contre la maladie, avec des soins de support, complémentaires aux soins thérapeutiques comme la socio-esthétique combinée à la dermocosmétique, la psychologie, la diététique et bien d’autres disciplines.


Les thérapies ciblées, personnalisées à chaque patient, sont censées s’attaquer uniquement aux cellules cancéreuses  et engendrer moins d’effets secondaires que les thérapies classiques. Mais elles engendrent des lésions cutanées chez 80% d’entre eux. A tel point que certains préfèrent interrompre leur traitement. Les réactions cutanées observées sous ces traitements peuvent varier selon le type de peau, la nature du traitement ou sa durée. Souvent la peau, les phanères ou les muqueuses trahissent la maladie et peuvent occasionner de la dépression chez le patient.
Les services d’oncologie souhaitent faire de ces traitements « sur mesure » une prise en charge plus efficace et apporter une meilleure qualité de vie au patient, pour une bonne observance du traitement. Les soins de support aux traitements oncologiques sont reconnus  comme une nécessité et une complémentarité à l’oncologie.
Comme les traitements du cancer peuvent avoir des effets secondaires assez agressifs, des experts et des marques de dermocosmétique proposent des conseils beauté/ bien-être, des astuces pour aider les patients, leur famille, ainsi que pour le personnel soignant, mieux appréhender certaines réactions.
Les soins de support notamment ceux sur le bien-être, participent à la résilience du patient car les traitements utilisés rendent la peau plus sensible, réactive et fragile. Comment faire pour la soulager et en prendre soin ? Comment camoufler les imperfections dues au traitement au niveau des phanères ou des muqueuses ?
*Toxidermie : La toxidermie correspondant à une dermatose (maladie de peau) due à une intoxication par un médicament quel que soit le mode d'administration

*

Un troisième Plan cancer a été lancé en février 2014. Il a pour ambition de donner à chacun, partout en France, les mêmes chances de guérir et de mettre plus rapidement encore les innovations au service des malades. La priorité va à la prévention et au dépistage pour éviter de nouveaux cas de cancer et faire reculer la maladie.
Le Plan cancer vise aussi à améliorer la vie des personnes touchées pendant et après la maladie.
L’approche globale du patient suppose que l’ensemble des acteurs de soins (thérapeutiques et de confort) impliqués en cancérologie doit prendre en compte la dimension des soins de support, y compris dans leur continuité en dehors de l’hôpital.
Un projet qui vise à assurer la meilleure qualité de vie possible aux patients, en prenant en compte la diversité de leurs besoins, de leur entourage, quelque soit leurs lieux de soins.

.LE PATIENT FACE AU. .CANCER.

Plusieurs traitements contre le cancer engendrent des effets secondaires. Une fois le diagnostic posé, différentes approches sont possibles dans la manière d’appréhender la maladie.
Les différents traitements  qui existent contre le cancer :
la chirurgie
la radiothérapie
la chimiothérapie
l’hormonothérapie
L’immunothérapie
les thérapies ciblées
Toutes ces thérapies peuvent être responsables de toxidermies* plus ou moins importantes avec des effets inesthétiques, douloureux  et stigmatisants pour le patient comme:
la xérose (sécheresse excessive de la peau chez tous les patients)
des réactions papulo-pustuleuses (proche de l’acné) avec des prurits (démangeaisons), des sensations de brûlures qui évoluent en croûte
des paronychies (inflammation du pourtour de l’ongle), des granulomes pyogéniques (tumeurs vasculaires saignantes)
l’hypertrichose (cils et cheveux cassants, qui peuvent friser ou se développer de façon excessive)
l’érythème hyperkératosique acral (très douloureux) avec décoloration –réversible- des cheveux et des poils
l’érythème facial, les kystes
une coloration jaunâtre de la peau
une ulcération
du psoriasis
des taches hyper ou hypo-pigmentées
une kératose pilaire
une nécrose
des verrues
une photosensibilisation aux UVA

Témoignage de patient


Sylvie (assistante dans une société d’ingénierie) a un cancer du pancréas avec des métastases sur le foie, diagnostiquée et sous traitement depuis 1 an. Elle témoigne: «  ce qui m’a le plus gêné, ce sont mes ongles qui avaient des traces noires au niveau des mains et des pieds. La socio-esthéticienne m’a conseillé des produits pour les protéger, les traiter, çà m’a aidé. Je me suis rendue compte que c’était important de les protéger, on ne se rend pas compte au début… J’ai eu la peau très sèche aussi. Ce qui a été le plus traumatisant pour moi, ce sont les cheveux qui sont tombés tout de suite. C’est vraiment dur à vivre, j’avais les cheveux longs. Je crois que c’est ce qui m’a le plus marqué. Ca été plus difficile à accepter que le traitement. C’est tout un cheminement… Aujourd’hui je suis contente, mon oncologue m’a dit que je pourrais faire une couleur pour mes cheveux. Parce que là, ce sont mes vrais cheveux (sous entendu pas de duvet) – les cheveux de Sylvie qui étaient bruns sont entièrement blancs – je suis contente ! »
Après son massage avec Carine (socio-esthéticienne) à l’AP-HP de l’hôpital Henri Mondor de Créteil (94), Sylvie se relève  apaisée et radieuse. Elle remet en place son foulard qu’elle noue avec dextérité, remet en place sa sonde et part, ravie de ce moment de détente et de parole avec Carine.
Comment mieux vivre son cancer et aider le patient à se réapproprier son corps ? Des marques de dermocosmétiques s’investissent pour aider les patients au mieux être et au savoir être mieux. Les soins de support font partie de la prise en charge globale du patient et de la médecine de demain. Aujourd’hui la prise en charge de la douleur, le soutien psychologique, la nutrition, la kinésithérapie, la socio-esthétique et d’autres disciplines plus insolites en milieu hospitalier comme l’acupuncture, l’art-thérapie, etc. font leur entrée dans certains services. Ils améliorent tous le bien-être du patient.

Les acteurs au service du patient cancéreux
Différents acteurs dont la liste n’est pas exhaustive travaillent ensemble autour du patient. Chacun d’entre eux a besoin d’information sur les nouveaux traitements et de la formation sur les effets secondaires. Différents réseaux sont mis en place pour améliorer la prise en charge du patient. Le bien-être, l’esthétique, la forme et la psychologie sont des prestations qui participent à sa guérison et rendent son traitement plus efficace et moins contraignant.

Quelques uns de ces acteurs nous informent :

L’oncologue ou cancérologue

Pièce maîtresse de tous les acteurs, il exerce à l'hôpital, en clinique, ou dans un centre de lutte contre le cancer. Il travaille en équipe avec d'autres disciplines comme la dermatologie, le pharmacien hospitalier, etc. Son rôle : suivre les patients sous traitements de chimiothérapie, radiothérapie, thérapies ciblées et autres.
Ses missions sont variées : élaborer des référentiels de prise en charge des cancers, développer de la recherche clinique, coordonner la stratégie thérapeutique, réaliser des bilans...  Il coordonne l’information donnée aux patients sur les soins de
supports existants dans la structure médicale. Le Pr Christophe Tournigand, chef de service d’oncologie médicale à l’AP-HP Henri Mondor de Créteil (94) nous informe du service Calipsso, crée en 2011, plateforme de soins de supports de l’hôpital qu’il supervise.

L’hôpital Henri Mondor traite tous les cancers digestifs (colon, rectum, pancréas), cancer du sein et urologiques (vessie, testicules) et les plus rares (sarcomes par ex.).  « La volonté de l’hôpital et de l’ensemble des médecins était de faire en sorte que les soins de supports soient pour tous les patients qui ont un cancer, en étant sur un seul lieu géographique, avec une équipe bien identifiée et dédiée qui offre une palette diversifiée de soins. Nos patients qui sont sous chimio ont besoin de soin de support en parallèle, parce que la chimio entraine un certain nombre d’effets secondaires pendant et après les traitements. On parle aux patients de Calipsso et on leur donne les plaquettes d’information qui informe de tous les soins proposés. C’est une proposition et non une obligation pour le patient. On se doit d’être ouvert et non directif. On leur demande déjà de faire pas mal de choses (prise de sang, imageries…), il faut donc leur laisser une part de liberté. Une infirmière d’annonce les reçoit après l’oncologue et leur explique le traitement mis en place et fait une annonce paramédicale. En deuxième étape, elle évalue leurs besoins et propose ce qu’il y a de disponible et conseillé pour eux. Ce service proposé est ouvert et n’a pas de limite, il dépend du besoin du patient. »
Le choix des soins de support dépend des possibilités et opportunités de chaque hôpital. Ils sont très cadrés, avec un suivi et une évaluation des ateliers mis en place pour le patient. Ils font que le patient se sent soutenu et plus adhérent au traitement.
Souvent en contact avec les pharmaciens de ville, les oncologues recherchent une mise en place d’un réseau oncologue/pharmacien qui faciliterait l’information auprès du patient. Cela permettrait d’avoir des référents directs pour indiquer les toxicités de certains traitements en cas de doute ou de questionnement du pharmacien.


Le dermatologue

« Le partage de connaissances entre oncologue et dermatologue est essentiel, surtout au moment où de plus en plus de thérapies ciblées arrivent chaque année dans l’arsenal thérapeutique des oncologues », a rappelé le Pr Thierry André, chef de service Oncologie Médicale à l’hôpital Saint-Antoine, à Paris.
Les thérapies ciblées ont souvent été décrites à raison comme provoquant moins d’effets secondaires que les chimiothérapies. Cependant, certains récepteurs cibles de l’action de ces nouveaux médicaments, présents à la surface des cellules cancéreuses, sont aussi présents à la surface des cellules de la peau. Les dermatologues hospitaliers et libéraux doivent donc être intégrés au sein de réseaux d’oncologie. « Nous avons un rôle à jouer, et nous devons nous rendre disponibles pour ces patients afin qu’ils puissent obtenir une consultation avec un dermatologue en urgence. Nous pouvons aussi donner des conseils pour prévenir ces effets cutanés », a exposé
Jean-Paul Claudel, dermatologue libéral à Tours.  Le dermatologue hospitalier ou de ville a l’expertise pour adapter des conseils à chaque patient en piochant dans un panel de produits dermocosmétiques à sa disposition.


La socio-esthéticienne
La socio-esthétique est nécessaire au patient. Elle donne de l’énergie, une grande détente et revalorise la personne à travers sa pathologie. La socio-esthéticienne a une autre approche du patient que celui du personnel soignant. En plus des prestations traditionnelles d’esthétique adaptable, il y a une approche psychologique non négligeable.

Carine Voisin, socio-esthéticienne à l’AP-HP de Henri Mondor (Créteil) nous explique son rôle transversal dans le service. Elle est un vrai exutoire pour le patient et fait partie des acteurs nécessaires à son bien-être pendant et après le traitement. Elle est un élément non négligeable pour les marques de dermocosmétique qui oeuvrent sur ce créneau.
« Mon poste est transversal, je participe à une réunion par semaine avec le service d’oncologie, je fais des retours aux différentes entités en relation avec le patient. Il sait que ce sera un moment à part. Souvent il sort du contexte de la maladie pendant les séances de modelage, de manucure, d’épilation ou de soin visage que je pratique. J’adapte l’environnement où je fais les prestations car parfois les patients ne peuvent pas se mettre sur le ventre. Je fais beaucoup de modelage pour faire évacuer les tensions et çà débloque pleins de choses chez le patient. C’est un mélange d’esthétique, de psychologie et de communication. La personne sous traitement se détend et se dévoile psychologiquement. C’est le confort, le soin, l’ambiance et l’échange ; le soin est un plus. Le patient est, pour ce petit moment, hors de la maladie.
Je fais beaucoup de modelage avec des crèmes pour peaux très sèches et sensibles car les patients ont souvent des rougeurs. S’ils ont des taches de pigmentation, c’est le dermatologue qui s’en occupe. Je fais aussi  des ateliers par petit groupe de 6/8 personnes pour apprendre à camoufler les imperfections avec du maquillage thérapeutique, dessiner une ligne de sourcil… Je travaille essentiellement avec deux marques de  dermocosmétique. (…) Il faut savoir que les soins peuvent être mis en place tout juste après une chimio avec l’accord de l’infirmière et tous les soins que je pratique sont pris en charge par l’hôpital. J’adore ce travail et les contacts avec les patients. La seule chose qui me chagrine c’est que notre statut n’est pas reconnu par le ministère de la Santé. On n’est pas dans la grille hospitalière alors que notre travail est pluridisciplinaire avec des prestations manuelles sans appareillage pour éviter au patient toute réaction ou effets secondaires supplémentaires. »

Le pharmacien
Le pharmacien est un acteur indispensable à la réussite d’une prise en charge globale du patient cancéreux. Son rôle en collaboration avec l’oncologue est d’expliquer, de délivrer et de participer au suivi thérapeutique. Il instaure auprès du patient - tout comme le médecin - une certaine confiance et se doit de l’entretenir. L’accélération des traitements anticancéreux, l’organisation des soins et l’augmentation du nombre de cas de cancer… Tout concourt à renforcer la place du pharmacien dans la prise en charge des patients atteints d’un cancer. Le pharmacien, qu’il exerce en officine ou en établissement de santé, est impliqué dans une démarche de qualité et de sécurité des soins délivrés aux patients. En ville notamment, il a un rôle important d’écoute et d’information à jouer.
En ville, le pharmacien occupe une place privilégiée pour être l’oreille que vient chercher le malade ou son proche. A lui d’informer, de rectifier des connaissances erronées, d’écouter, de conseiller le patient pour mieux gérer les effets secondaires, voire de réduire le recours inutile au médecin.

Les besoins du pharmacien
Mieux connaître et prendre en charge les différents cancers en collaboration avec l’oncologue
Savoir aborder les problématiques du patient/client
Connaître les nouvelles AMM des traitements existants
Conseiller les produits à utiliser suite aux effets secondaires des différents traitements thérapeutiques
Diriger le patient vers les différents réseaux (oncologue, dermatologue, associations, etc.)

Le pharmacien a toute légitimité pour prodiguer des conseils et améliorer la qualité de vie du patient surtout avec les nombreux prescripteurs et les changements de posologies fréquents. Il a également un rôle spécifique à jouer pour les soins de support et les conseils de produits dermocosmétiques. Une meilleure information des patients est une des obligations du pharmacien notamment pour une adhésion optimale des traitements ; d’où la nécessité de partenariat avec les médecins. La difficulté est la circulation de l’information entre le pharmacien d’officine et le pharmacien hospitalier par le biais d’un carnet de liaison pour chaque spécialité anticancéreuse (principal outil de communication entre la ville et l’hôpital). Car certaines fois, les patients se plaignent du manque de connaissances des pharmaciens  de ville sur les traitements d’appoint. Il est donc nécessaire d’organiser des réseaux efficaces entre médecins, pharmaciens, soignants et acteurs sociaux autour du patient.

LA DERMOCOSMETIQUE EST-ELLE NECESSAIRE AUX PATIENTS CANCEREUX ?
De nombreuses réactions cutanées sont associées à certains traitements. Les soins d’accompagnement dermocosmétiques deviennent alors indispensables au patient pour éviter ou minimiser tous les effets secondaires dus aux traitements existants.
Certaines marques emblématiques dans ce secteur (si peu) « mettent en place un accompagnement et la prise en charge des besoins du patient pour la fragilisation de la peau ou des phanères avec des produits de haute tolérance, efficaces, prouvés cliniquement et recommandés par les dermatologues. La Roche Posay sensibilise les professionnels de santé (médecins, infirmiers, pharmaciens, socio-esthéticiennes…) autour de l’accompagnement des patients en cours de traitement (formation sur les effets secondaires cutanés, prises en charge...) » d’après Amélie Priollet, responsable des Relations Médicales, en charge du projet Oncologie pour La Roche-Posay.
La chimiothérapie par exemple, peut altérer ou dessécher la peau car elle réduit considérablement la sécrétion de sébum des glandes. Pour soulager la peau, il faut la réhydrater plusieurs fois par jour.
La dermocosmétique sert donc à prévenir ou améliorer le bien-être du patient en satisfaisant ses besoins de soin pendant cette période.

"DES MARQUES DE DERMOCOSMETIQUE S’INVESTISSENT SUR LE TERRAIN DE L’ONCOLOGIE"

Actions et engagement
La démarche de certaines marques comme Avène ou La Roche Posay entre autre, c’est d’apporter leur savoir-faire en matière de produits à haute tolérance, efficaces et donner des solutions dermocosmétiques en lien avec les effets secondaires des traitements anti-cancer. La démarche est double : une offre de produits  diversifiée et de la formation auprès du personnel soignant et officinal.
Chez Avène, Nuria Perez Cullell,
directrice de la marque, nous explique leur démarche : « un guide pratique – "Dermatologie des traitements anticancéreux" -  est édité, des films d’applications de produits, des brochures et documents pour les patients sont mis à disposition. Un accompagnement complet est mis en place en collaboration avec le Dr Caroline ROBERT, le Dr Vincent SIBAUD et Jean-Pierre DELORD afin de développer des outils de formation permettant au personnel de bien accompagner les patients dans la prise en charge des effets secondaires de leurs traitements. En mars 2015, le projet "ONE SMILE" - One Education and Skin Side Effects Minimized for Living Even better – est mis également en place. Un projet de conférences et de formations auprès des personnels soignants d’oncologie. Fin 2015, des formations auprès des pharmaciens seront également opérationnelles ». Pour plus d’informations, des conférences et des formations seront sur le site One Smile prochainement.
(Lancement mars 2015)

Amélie Priollet, responsable des Relations médicale et chargée du projet oncologie chez La Roche Posay, nous indique le positionnement de la marque: « l’accompagnement des patients atteints de cancer n’est pas nouveau. Il s’inscrit dans la mission de la marque depuis de nombreuses années c’est à dire répondre aux attentes des peaux sensibles et fragilisées. Puisque 2/3 des patients atteints de cancer souffrent d’effets secondaires, l’ambition de la marque est double :
Améliorer la qualité de vie des patients en traitement grâce aux produits, dont l’efficacité et la tolérance sont cliniquement prouvées et qui sont recommandés par les dermatologues  (notamment des crèmes apaisantes, des protections contre les brûlures, du maquillage spécifique pour peaux sensibles …)
Sensibiliser et former les professionnels de santé (médecins, infirmiers, pharmaciens …) autour de l’accompagnement des patients en cours de traitement (formation sur les effets secondaires cutanés, leurs prises en charge...).
Une  ambition qui est  le fruit d’une collaboration avec des dermatologues et oncologues de renom, réunis à l’initiative de La Roche Posay au sein d’un groupe de travail, le Board Freskimo. Ce board Freskimo est à l’origine de recommandations pratiques, pour les oncologues, sur la prise en charge des toxicités cutanées liées aux thérapies anticancéreuses et d’un outil de formation complet pour les dermatologues et les oncologues. C’est un guide où l’on trouve :
Les informations pour tous les professionnels avec une facilité de prise en charge des premiers grades des toxicités (oncologues, dermatologues, médecins généralistes, pharmaciens …). Il permet d’identifier quand le patient doit consulter un dermatologue.
La formation des professionnels de santé tout le long du parcours du patient à l’hôpital et en ville.
La  création d’ateliers maquillage en association avec les équipes soignantes dans un certain nombre d’établissements hospitaliers comme L’hôpital Saint Louis à Paris, L’Institut Gustave Roussy à Villejuif, Le centre Léon Bérard à Lyon, etc. »

Jérôme Grapinet, directeur de la marque VEA travaille sur des projets d’études avec le corps médical pour proposer des produits novateurs, sans danger pour la peau. La marque offre une gamme de produits dermocosmétiques
sécurisants et bien tolérés par les peaux les plus fragiles. Certains produits sont plébiscités pour leur grande efficacité sur les peaux altérées par les traitements de radiothérapie ou de chimiothérapie.
La démarche de ces marques de dermocosmétique, c’est une volonté de créer des réseaux ville-hôpital. Et leur contribution, c’est l’amélioration de la qualité de vie des patients atteints d’un cancer dont la peau est encore plus vulnérable. Elles arrivent, pour certaines, à satisfaire le patient et le corps soignant grâce à des produits testés sous contrôles dermatologiques et préconisés aux peaux hypersensibles, altérées et hyper-réactives des cancéreux.
Puisque le nombre de patients concernés par un cancer risque d’être allongé, les traitements présenteront encore certaines toxicités malgré de belles avancées sur ces problèmes. Il y aura des effets secondaires cutanés gênants ou invalidants pour le patient et la dermocosmétique sera pour un bon moment, un allié de poids pour améliorer et contre-balancer les réactions dues aux traitements.
Et pour cela, quelques conseils sont nécessaires.

.CONSEILS ET ASTUCES POUR  LE PHARMACIEN

Les effets secondaires aux traitements contre le cancer sont de mieux en mieux gérés mais pour le patient il y a encore des besoins pour la peau, les cheveux, les muqueuses ou les phanères. Des gestes essentiels et des produits dermocosmétiques adaptés sont indispensables pour pallier à cela. Et pour aider le patient à retrouver ou mieux maîtriser son corps, quelques recommandations :

Hygiène- Nettoyage

Ne pas utiliser de savon pour le nettoyage de la peau sauf un savon neutre


Se laver avec des pains dermatologiques ou des savons « sans savon » (Syndet), éviter des bains longs ou trop chauds, sécher en tapotant les plis (coudes, cou, l’aine)


Eviter tout produit contenant de l’alcool ou desséchant la peau (parfum, eau de Cologne, après-rasage, …)


Hydratation

24h avant la séance de radiothérapie, ne mettre aucune crème grasse qui risque d’accentuer la toxicité des rayons à la surface de la peau.


Sous chimiothérapie appliquer régulièrement une crème très hydratante pour peau sensible ou intolérante, pour minimiser la sévérité des effets secondaires.


Insister sur les zones les plus sensibles : mains, pieds, coudes et mettre un baume hydratant gras pour les lèvres.

Ongles

La chimiothérapie et la radiothérapie peuvent agir sur la matrice unguéale (ongle), pouvant même déposer des substances sur ses cellules et engendrer la coloration anormale de l’ongle. Les ongles peuvent se fragiliser, se casser, se fendre, noircir, s’épaissir…
Il faut hydrater les mains et les pieds avec des crèmes de haute hydratation tous les jours. Les ongles peuvent être protéger par un vernis avant la chimiothérapie :

Appliquer à la veille de la perfusion une base puis un vernis au silicium (non irisé) sur les ongles des mains et pieds. Effectuer si possible la pose de vernis tous les 4/5 jours. Oter le vernis avec un dissolvant sans acétone. Ne jamais laisser les ongles sans vernis protecteur et continuer au moins 6 mois après la fin de la chimiothérapie. (Pas de faux ongles).
Si apparition de rougeurs aux pourtours des ongles, plonger les doigts dans un bain d’HEXOMEDINE transcutanée ou CLOREXIDINE.
Eviter les contacts prolongés dans l’eau, avec des détergents. Porter des gants pour tous travaux (ménagers, jardinage, etc).



S’estimer, reprendre soin de soi, c’est essentiel pour le moral du patient. La dermocosmétique aide à se sentir mieux, à se reconstruire en douceur pour les personnes affectées par un cancer.  Les produits doivent être sans additifs, ni parfum, ni conservateur et de haute tolérance. Mais ils nécessitent toujours une validation d’usage de l’oncologue et du dermatologue.

Cheveux

Dans le cas d’une chute de cheveux inévitable qui commence environ à partir de la troisième semaine après la première cure de chimiothérapie. Laver régulièrement le cuir chevelu en utilisant un shampooing doux (en une seule application). Sécher doucement avec une serviette.

Lorsque les cheveux sont tombés, il y a des risques de démangeaisons, avec de nombreuses squames. Dans ce cas, masser le cuir chevelu avec une huile (argan, onagre, ricin ou germe de blé). Le massage permet également de stimuler la circulation sanguine et de préparer la repousse.

Il est important de choisir la prothèse capillaire avant la chute des cheveux. Autres solutions : foulards, bonnets, chapeaux.
(Ne pas utiliser de sèche cheveux, ne pas les teindre, les mécher, les friser, défriser, les colorer ou les décolorer.)

Maquillage

Pendant et après le traitement, on peut se maquiller mais avec des produits pour peau sensible, de haute tolérance. Mais les gammes sont rares et sont  inexistantes pour les peaux ethniques.

Fond de teint ou crème teintée : pour unifier et redonner de l’éclat au teint.
Anticerne : estompe les marques de fatigue.
Poudre soleil (peau caucasienne) ou fards à joues (peaux mates à foncées): pour donner bonne mine.
Ligne des sourcils : retracer les sourcils n’est pas évident. Prenez le temps de vous entraîner, y compris avant le début du traitement pour acquérir le coup de main.
Fards à paupières : donne du volume et de la dimension au regard.
Rouge à lèvres

Précautions

Protéger la peau à l'aide d'une crème solaire à indice de protection élevé (de préférence le plus élevé, ne pas s’exposer au soleil pendant 6 à 8 semaines après la chimiothérapie).

Attention au soleil sur la tête. Couvrir la tête, en cas de chute de cheveux.

Vérifier avec prudence la manière dont votre peau réagit à l'exposition au soleil, éviter des bains de soleil sans protection (surtout pendant la première année suivant la radiothérapie)

Eviter les températures trop chaudes ou trop froides directement sur votre peau : sèche-cheveux, vent, …
Eviter les parfums, produits à base d’alcool

Boire beaucoup d’eau en petite quantité, 8 à 10 verres d’eau chaque jour.

Les personnes qui suivent un traitement contre le cancer ne doivent pas utiliser de bandes de cire pour s’épiler, de peelings, de couleurs pour les cheveux, de drainages lymphatiques, se faire tatouer, etc.


.INFOS ET ADRESSES UTILES


Associations
Etincelle (femme et cancer du sein) www.etincelle.asso.fr
CEW (Cosmetic Executive Women Inc.) www.cew.asso.fr
Afsos (Association francophone pour les soins oncologiques de support) www.afsos.org
Ligue contre le cancer www.ligue-cancer.net


Soin de support Hôpital Henri Mondor AP-HP – Calipsso (4ème étage)
51 av du Maréchal de Lattre de Tassigny, 94010 Créteil cedex
01 49 81 29 79

Socio-esthétique - Carine voisin : carine.voisin@hmn.aphp.fr

Pharmaciens
Société française de Pharmacie oncologique www.sfpo.com
Plateforme d’information sécurisé www.oncora.net

Livres
e.book sur les effets secondaires www.chimio-pratique.com/e-book-chimio/
Comment rester belle pendant et après les cancers, d'Aury Castaglione. Editions Salutaires
Conseils de beauté pour mieux vivre son cancer, Marie-Laure Allouis


 
Agenda
Retourner au contenu | Retourner au menu