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Le microbiome : une nouvelle ère santé s’ouvre !

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Par Leslie CAROMBO

Près de vingt ans de recherche scientifique et biotechnologique pour dévoiler que toutes les bactéries ne sont pas nos ennemies. Il existe 10 000 espèces microbiennes dans le corps humain et notre corps est composé de 90% de micro-organismes.

Certaines bactéries réveilleraient-elles nos défenses naturelles ? Apparemment, oui.
Elles sont des régulateurs sélectifs de notre corps. Et  le microbiome humain est un atout pour certaines de nos pathologies.

Notre environnement génétique, climatique, alimentaire et notre mode de vie influenceraient sur la prépondérance à certaines maladies et affections. Le microbiome est une vraie révolution scientifique qui met en exergue une autoroute de possibilités et de ramifications dans différents domaines pour notre santé et notre bien-être. Les nouvelles techniques de séquençage à haut débit ont également permis de découvrir que chaque partie du corps est un biotope. En cela le corps est unique, et nous rend tous uniques. L’écosystème microbien, notamment le microbiome humain, soignerait des pathologies ou maladies telles que le cancer, l’asthme, l’obésité, l’eczéma, les allergies…

Il existe différentes études menées sur les microbiomes à travers le monde qui nous révèle au fur et à mesure de leurs avancées, de nouvelles perspectives dans la résolution de certaines maladies. Ces projets occasionnent de grands investissements pour l’exploration des gènes bactériens de l’homme comme pour:

  • Le microbiome humain 120 millions de dollars

  • Le microbiome gastrique 700 000 dollars

  • Le microbiome urogénital 600 000 dollars


Le microbiome sera donc pour les années 2000 une révolution scientifique comme l’a été le génome humain dans les années 90.

Le tout « aspetisé » est néfaste pour notre santé, une révélation dans l’univers du patient.
La société « hygiéniste » n’avait alors pas pensé que la quête de l’hygiène deviendrait une problématique pour la santé. Le microbiome cutané entre autre est une révélation scientifique pour traiter les causes et non plus les symptômes de certaines affections comme l’atopie. Pour en savoir plus, le magazine a posé quelques questions sur le microbiome cutané et l’atopie  à des experts.

AVIS D'EXPERT



Dr Philippe Deshayes,
dermatologue et consultant scientifique La Roche-Posay.


Pourquoi la population mondiale sera beaucoup plus sujette à l’atopie dans les années à venir ? (Pharma Beauté mag)
Dr P.Deshayes : L’atopie affecte 5 à 20% des enfants, elle est beaucoup plus fréquente dans les pays industrialisés et sa prévalence est en nette augmentation en Europe. Le rôle d’une vie trop « hygiénique » a été évoqué…
On sait que l’environnement peut jouer sur différents facteurs intéressant l’atopie : toute agression cutanée (froid sec, pollution…) favorise le développement de poussées; certaines allergies alimentaires peuvent être associées à l’atopie ; les stress de la vie quotidienne sont un élément incontournable dans l’évolution de cette affection.

PBM : En quoi l’avancée technologique sur le microbiome cutané annonce une nouvelle ère pour certaines pathologies comme l’atopie ?
Dr P.Deshayes : Grâce à une meilleure compréhension de l’écologie de la peau et du microbiome cutané on s’explique mieux le rôle de certains germes pathogènes  comme le staphylocoque et les effets délétère de soins locaux trop agressifs.

PBM : Le microbiome cutané sera t’il une solution unique de traitement de l’atopie ?
Dr P. Deshayes : Comme pour toutes les flores naturelles de l’organisme (digestive, vaginale..), leur respect, leur reconstitution permet  de prévenir la survenue de nouvelles manifestations pathologiques. On savait qu’une bonne hydratation de la peau a un rôle dans la prévention des poussées d’atopie, on sait maintenant qu’il faut y ajouter l’entretien du microbiome cutané.

PBM : Le microbiome cutané est-il efficace pour l’atopie  en préventif ou en curatif ?
Dr P.Deshayes : On a pu constater que le microbiome cutané est différent sur les peaux atopiques et qu’il est différent, chez l’atopique, sur les zones des lésions et sur la peau saine. Comme la flore digestive, le microbiome cutané maintient un certain équilibre à la surface de la peau.  Il diminue l’effet des agressions locales et empêche la prolifération d’une flore pathogène.

PBM : Comment une personne atteinte de dermatite atopique peut évaluer son intensité et sa gravité ?
Dr P.Deshayes : Le SCORAD*, permet au praticien d’évaluer objectivement la gravité d’une atopie. Il tient compte de l’extension des lésions, de l’importance des signes cliniques et des manifestations fonctionnelles.



Sophie Seité,
directrice Scientifique Internationale La Roche-Posay

PBM : Qu’est-ce qui a influencé l’étude  du microbiome cutané sur sa relation avec l’atopie ?
S.Seité : Des microbiologistes de l’Oréal Recherche & Innovation ont développé une technique fiable et reproductible de prélèvement du microbiome sur une surface de peau réduite. Et de récentes publications (2012) montrent que le microbiome de patients atopiques semble différent de celui de personnes non atopiques. Ceci nous a amené à envisager un protocole innovant afin d’évaluer une zone de peau présentant une lésion d’atopie à une zone de peau adjacente paraissant saine. Cette approche a permis de nous exclure de la variabilité individuelle du microbiome qui est très importante puisque comme notre empreinte digitale, notre microbiome nous est unique. Ce fait est le résultat croisé de notre génétique, du climat que nous subissons, de notre alimentation et de notre mode de vie. Notre peau est donc un biotope unique comme le sol d’un champ. On a donc pu confirmer certaines hypothèses émises précédemment sur le microbiome et l’atopie et apporter de nouvelles données. Les nouvelles techniques de séquençage à haut débit nous ont permis de découvrir ce paysage bactérien et de savoir ce qui était réellement cultivé sur notre peau alors qu’il y a plus de 6 ans, on ne pouvait voir que ce que nous étions capables de cultiver soit moins de 1% des bactéries. (…) Toutes nos études sont réalisées sur au minimum 50 sujets afin d’obtenir des résultats représentatifs, dont deux sur le microbiome et l’atopie, l’une avec Lipikar Baume AP et la suivante avec Lipikar Baume AP+. D’autres équipes universitaires dans le monde travaillent sur ce sujet et de plus en plus de publications paraissent sur le microbiome cutané. Néanmoins nous sommes les seuls à avoir évalué un produit cosmétique pour son effet sur le paysage microbien global de la peau.
Nos premiers résultats vont paraître en novembre dans le Journal of Drugs in Dermatology.

PBM : Quelles sont les prochaines étapes des études menées sur le microbiome ?
S. Seité : Les travaux réalisés sur le microbiome intestinal sont beaucoup plus avancés que ceux réalisés sur le microbiome cutané et peuvent donc nous guider vers des pistes d’exploration intéressantes. D’autres part, de plus en plus de travaux semble laisser penser à une implication du microbiome dans toutes les pathologies chroniques cutanées (Atopie, psoriasis, acné, rosacée…) donc tout une nouvelle aventure s’ouvre à nous…  

* SCORAD : score de gravité de la dermatite atopique (méthode d’auto-évaluation  faite par le patient lui-même entre deux consultations) – www.fondation-dermatite-atopique.org

 
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