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Père Blaize : une herboristerie aux belles perspectives

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Par  Sophie Bouhier
L’herboristerie du Père Blaize est une institution à Marseille. Fondée il y a 200 ans par Toussaint Blaize, elle a su s’adapter aux temps actuels grâce à son nouveau propriétaire, un jeune pharmacien passionné et bien décidé à lui donner un nouvel élan.


 
Située dans un quartier populaire, entre Noaille et la fameuse rue de Rome, l’herboristerie du père Blaize est un des plus anciens commerces de la cité phocéenne qui vient de fêter ses 200 ans ! L’odeur dans ces lieux chargés d’histoire est tellement typique qu’elle mériterait à elle seule un parfum d’ambiance. Les centaines de boites contenant les fameuses plantes disposés dans les veilles étagères donnent à l’ensemble un style au charme suranné qui tranche avec les officines d’aujourd’hui.
 
Elle fut fondée à l’origine par Toussaint Blaize, descendu des Alpes de Haute Provence pour offrir aux Marseillais l’art de guérir par les plantes.
 
Six générations plus tard, la dernière descendante de Toussaint Blaize, Martine Bonabel-Blaize a cédé son entreprise à Cyril Coulard il y a deux ans.



Un magnifique concours de circonstances

« J’ai fait ma thèse de pharmacie sur la maladie cœliaque et plus je connais les médicaments, moins j’ai envie d’en prendre », annonce le jeune pharmacien non sans malice. Cette reprise fut selon lui, « un magnifique concours de circonstance. Je voulais un projet en accord avec mes valeurs humaines. Et même dans mes rêves les plus fous, je n’aurais pas pensé la reprendre. La semaine où je me suis décidé, l’herboristerie était à céder ! »

Avec Mme Bonnabel-Blaize, le feeling est tout de suite passé. « C’est ma ” mère botanique ” et nous sommes très régulièrement en contact, ce qui lui permet de continuer à me donner de précieux conseils », explique le jeune entrepreneur qui entrevoit les perspectives de développement de l’enseigne, portées par l’actuelle tendance de retour aux médecines naturelles et bio.
Aujourd’hui il enseigne aussi à son tour à la fac de pharmacie de Marseille. « On manque cruellement d’enseignement de qualité dans ce domaine. Il y a de quoi apprendre en permanence. D’autant qu’il y a de plus en plus d’études sérieuses sur les plantes qui permettent de valider nos connaissances empiriques de façon scientifique. Les plantes, c’est un vrai métier ! »
Au père Blaize, il y a environ mille plantes et épices. « Un produit qui entre chez moi est un produit qui subit toute une batterie de tests. Et dans le domaine, je cherche toujours ce qu’il y a de plus naturel. Mais parfois, je ne peux malheureusement pas valider certains produits bio qui ne satisfont pas à nos normes. Je dois être attentif car je dois acheter des lots certifiés pharmacopée européenne. Je ne peux pas acheter en direct. »
A ce titre d’ailleurs, l’arrêté plante du 1er juin 2015 durcit de manière drastiques les contrôles sur les plantes destinées aux compléments alimentaires.
Mais cela n’empêche pas l’herboristerie d’être le plus gros détaillants d’extraits de plantes fraîches standardisées (EPS) et vouloir mettre en place un partenariat avec les grossistes.
De nombreux projets pour démocratiser la phytothérapie

Cyril Coulard souhaite même démocratiser l’herboristerie. « Il nous arrive de vendre certaines plantes à perte pour ne pas pénaliser certains clients. La phyto est très rarement remboursée et les petits budgets ont du mal à s’en acheter.
Mais ça évolue. Et quand ils doivent payer lorsqu’un médicament est déremboursé, les gens préfèrent s’acheter des produits naturels.»
Ensuite, le jeune pharmacien ne manque pas d’idées pour développer encore son entreprise qui occupe tout un immeuble de la rue Méolan et même un local en face. « Cétait une ancienne réserve et j’hésite encore entre y créer un espace dégustation ou pour les cosmétiques. »
Car le Père Blaize, c’est aussi une marque d’une centaines de produits allant des tisanes aux savons en passant par les huiles essentielles.
« Nous avons une énorme demande de confrères qui ont compris qu’au lieu de faire du discount sur les shampoings, ils ont intérêt à jouer la plus-value de nos conseils. Ils me demandent de proposer un corner Père Blaize pour leur officine. C’est un projet auquel je suis ouvert. »
Aller au Père Blaize, c’est une expérience qui demande un peu de patience car l’attente peut y être longue quand on sait que chaque client peut bénéficier d’une bonne demi-heure de conseils. « C’est le temps nécessaire pour vérifier les interactions avec les médicaments que prennent les patients.» Qu’importe. Les fans patientent en faisant sagement la queue.
En tant que pharmacie, l’herboristerie délivre bien quelques médicaments mais cela reste très marginal. « Je dois avoir 6 boites de Doliprane en stock », s’amuse Cyril Coulard qui précise que cela représente 4 % de son chiffre d’affaire. Et encore sur ces 4 %, une partie est représentée par l’homéopathie et la plus grosse partie sont des préparations magistrale, autre spécialité des lieux. « Aujourd’hui, quand un pharmacien assure une préparation magistrale, il sous traite auprès de Fagron qui a racheté les derniers laboratoires qui en faisaient. Ça coûte très cher de se mettre au norme, d’avoir le matériel… Je réfléchis à un projet de sous traitance pour toutes les officines en phytothérapie. »
Avec la refonte prochaine du site Internet de l’entreprise, il y a de quoi faire pour permettre à l’âme du Père Blaize de perdurer.

L’herboristerie en chiffres
18 personnes sont employées au Père Blaize :
Manutentionnaire, assistante de direction, conditionnement, expédition : 4 personnes
4 pharmaciens
9 préparateurs
1 caissier.
Plus de 1 000 plantes et épices provenant des 5 continents
5 000 produits à base de plantes
4 000 préparations magistrales par an
75 000 conseils par an.
 
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