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Les soins bucco-dentaires :

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Un marché qui ne manque pas de mordant
Par SOPHIE MACHETEAU

Une bonne hygiène bucco-dentaire participe activement à notre santé et à notre bien- être. Prendre soin de nos dents et de nos gencives demeure tout aussi important que de s'occuper de notre corps. Une bonne hygiène dentaire, c'est également un beau sourire et une haleine fraîche.

Face à une clientèle de plus en plus exigeante, désireuse de soins techniques ciblés, l’offre de soins bucco-dentaires s’est considérablement étoffée et diversifiée en officines. Dorénavant, les dentifrices ne se contentent plus de la simple action de nettoyer, l’offre naturelle s’est élargie et des produits nouveaux tels que des accessoires empruntés à l’univers des cabinets dentaires ont fait leur apparition.

Si la plupart des segments du rayon bucco-dentaire connaît une belle dynamique commerciale, la marge de progression est encore importante lorsque l’on sait que la consommation moyenne annuelle française est de 1,7 brosse à dents, alors que les dentistes en préconisent 4. Il faut néanmoins surveiller de près l’exode de certains produits, en particulier des bains de bouche vers la GMS, alors que ces derniers représentent plus de 40% du marché en valeur. L’officine doit défendre ses actifs avec une offre diversifiée et différenciante, tout en continuant à jouer un rôle pédagogique de sensibilisation auprès de sa clientèle.  

Des préoccupations grandissantes

Au-delà du bien-être procuré, l’hygiène bucco-dentaire est un problème de santé publique, qui doit être pris très au sérieux par le consommateur et les professionnels.  Parmi les nombreuses pathologies observées, deux d’entre elles retiennent tout particulièrement l’attention des praticiens de la santé :

1) Une progression inquiétante des maladies parodontales

Les maladies parodontales sont très répandues et intéressent tous les âges. En France, selon l’enquête ICSII réalisée par l’ADF sous l’égide de l’OMS, plus de 80 % des adultes entre 35 et 44 ans souffrent de maladies parodontales.

Quelles en sont les causes ?
Une mauvaise hygiène bucco-dentaire entraîne une accumulation de la plaque dentaire susceptible d’altérer la gencive, véritable support des dents. En effet, elle assure un rôle d’étanchéité autour de la dent empêchant ainsi les bactéries de pénétrer jusqu’à sa racine : autant dire qu’elle est indispensable !

Le gonflement des gencives est un signe de leur inflammation. Il s’agit d’une réaction de défense à l’action des bactéries, symptôme d’une pathologie de la gencive appelée gingivite bactérienne. Elle se traduit par une rougeur de la gencive qui est bien souvent accompagnée de saignement lors du brossage ou de façon spontanée, voire de douleurs. Contrairement à ce que la majorité des consommateurs pense, un saignement de la gencive n’est jamais anodin et doit alerter le patient, car il peut être le signe d’une maladie parodontale pouvant conduire à une récession de la gencive, pouvant aller jusqu’au déchaussement et détruisant ainsi progressivement l’os alvéolaire.

2) Une sensibilité qui ne doit pas laisser insensible

Sous la couche protectrice de l'émail qui recouvre la dent, se trouve une substance poreuse : la dentine. Cette dernière est constituée de milliers de petits tubes, appelés tubuli. Lorsque la dentine n'est plus protégée, les terminaisons nerveuses de la dent sont en contact avec les agressions extérieures, ce qui provoque très souvent une douleur : la sensibilité dentaire.
L’étude « Les Français et la sensibilité dentaire » réalisée par l’Ifop pour la marque Sensodyne montre que, parmi les nombreux problèmes dentaires qui touchent les français, la sensibilité dentaire constitue à 42% le problème le plus répandu. A 67 %, les personnes souffrant de sensibilité dentaire en pâtissent principalement lors de l’ingestion d’une boisson ou d’un aliment froid.

Le saviez-vous ?
Le goudron et la nicotine présents dans la cigarette ont un effet vasoconstricteur sur les capillaires gingivaux. Les patients souffrant de gingivite n’ont donc pas les gencives qui saignent et consultent alors de façon tardive, lorsque la mobilité dentaire apparaît et que la maladie est à un stade avancé.

3) Chasser la mauvaise haleine

L’halitose, plus connue sous le nom de « mauvaise haleine », caractérise l’émission de mauvaises odeurs buccales ou respiratoires. C’est une manifestation très invalidante, pouvant entraîner une perte de confiance en soi et un isolement social progressif.
Ses origines sont diverses mais, généralement, les mauvaises odeurs sont issues de la sphère bucco-dentaire, en raison de la présence de bactéries dans la bouche, en particulier sur la langue et sur les dents. Ces bactéries, en dégradant les protéines issues des débris alimentaires, peuvent produire des substances malodorantes, des composés volatils soufrés, à l’origine de la mauvaise haleine.
Parmi les solutions naturelles, on trouve notamment des produits formulés avec du persil. Le rôle du persil dans la prise en charge de l’halitose est aujourd’hui largement documenté. Riche en composés phénoliques, il piège les composés soufrés responsables de la mauvaise haleine.

3 chiffres alarmants !

 • Près d’1 français sur 2 a déjà été concerné ces 12 derniers mois par des saignements occasionnels des gencives *
 • 39 % des Français ont déjà ressenti un gonflement au niveau des gencives
 • 55 % de ces français sont peu ou pas inquiets de la détérioration de leur gencives.
 *
Etude IFOP/Parodontax réalisée du 14 au 16 mars 2012 sur un échantillon de 1004 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Une offre qui se diversifie

Longtemps utilisé sous forme de poudre, le dentifrice est aujourd'hui une pâte destinée au nettoyage des dents. Il contribue à l'hygiène bucco-dentaire de plusieurs manières : il permet d'enlever plus facilement la plaque dentaire, évite la mauvaise haleine, et peut contenir des substances qui préviennent les maladies liées aux dents et aux gencives.
Les produits proposés en officine gagnent en expertise mais également en naturalité…

Des dentifrices pour soigner et blanchir
Anti-tartre, protection contre les caries, formule aux plantes, anti-bactérien, triple action… La liste des promesses des dentifrices est loin d’être exhaustive et leur croissance ne semble pas près de ralentir.
Sur une catégorie dynamique, ce sont les segments des dentifrices thérapeutiques (sensibilité dentaire ou gingivale, traitement des caries…) et celui de la blancheur qui se détachent nettement du lot.
Côté sensibilité,  l’utilisation de dentifrices à visée anti-inflammatoire, grâce notamment à l’usage de la phytothérapie (aromathérapie, homéopathie) est vivement recommandée, associés à des brosses à dents souples. Ces dentifrices peuvent être appliqués en massage quotidien. Les plantes de prédilection ? L’échinacée, la camomille, la myrrhe ou encore la réglisse…

Le saviez-vous ?
L'acide glycyrrhizique, également appelé glycyrrhizine, est la molécule caractéristique et le composant majeur de la réglisse. Bien connu pour son pouvoir sucrant 30 fois à 50 fois supérieur à celui du sucre, il est également à l'origine du goût très agréable et caractéristique du bâton de réglisse. C'est pourquoi, son usage est très apprécié pour l'élaboration de dentifrices.
Des études récentes montrent également que la glycyrrhizine, l'acide 18-beta-glycyrrhétinique et  la liquiritigénine contenus dans la racine de réglisse, possèdent une puissante activité anti-inflammatoire et antiallergique.

Quant à l'extrait de racine de ratanhia, originaire d’Amérique centrale, il est utilisé quasiment exclusivement dans les soins dentaires naturels et bio, bains de bouche et dentifrices, pour sa capacité à renforcer la résistance des gencives et des muqueuses buccales, et à combattre la plaque dentaire.
L’apithérapie, via la propolis, fait également son apparition dans les dentifrices. Substance précieuse fabriquée par les abeilles, elle combine des propriétés antiseptiques formidables avec un pouvoir cicatrisant et antioxydant très puissant., grâce à la présence notamment de galangine, d’acides caféique et férulique.
Côté blancheur, les dentifrices montrent pâte blanche et utilisent notamment du bicarbonate de sodium micro-pulvérisé qui a le vent en poupe. Issu d’une technologie spécifique, il présente une taille de particules bien plus fine qu’un bicarbonate classique. Cet avantage lui permet d’agir jusque dans les sillons les plus fins de l’émail, pour entretenir la blancheur des dents sans risque de rayer l’émail. Il est conseillé en hygiène au quotidien pour redonner de l’éclat au sourire et pour prolonger l’action d’un détartrage ou d’un blanchiment dentaire.

Les bains de bouche continuent leur ascension

Utilisés purs après le brossage des dents en complément d’un dentifrice, les bains de bouche aident à réduire la plaque dentaire pour une protection optimale des gencives.  Souvent utilisée dans ce segment de produits, la chlorhexidine est reconnue et utilisée dans le domaine bucco-dentaire pour combattre la formation de la plaque dentaire. Elle bloque l’agrégation bactérienne, par son action sur les membranes et prévient la reformation d’une plaque bactérienne structurée. Les bains de bouche permettent par ailleurs d’améliorer l’haleine et de combattre l’halitose d’origine buccale.

Des soins spécifiques
D’autres produits plus spécifiques font leur apparition en linéaires comme par exemple des soins des aphtes et petites plaies buccales ou des gels de massage gingivaux.

Des accessoires experts
Au-delà du fil dentaire, les accessoires se diversifient en officines. Dorénavant, brossettes interdentaires, hydropulseurs qui envoient un jet d’eau pulsé permettant d’atteindre les espaces inter-dentaires, de nettoyer les bridges et les poches parodontales, révélateurs de plaque dentaire ou encore grattes-langues, font partie des linéaires des officines.

La course à la blancheur réglementée

La cosmétique dentaire s’inscrit dans une courbe croissante d’un nouveau secteur en plein essor. De nos jours, les dents blanches et brillantes sont synonymes de jeunesse et de bonne santé. Une belle denture soignée est un véritable atout de séduction dans les relations sociales, favorisant la confiance en soi et l’assurance au quotidien. Désormais la blancheur n’est plus la chasse gardée des dentifrices et l’offre en officine se diversifie via des pinceaux blanchisseurs, des lotions éclaircissantes ou des coffrets très complets comprenant gouttière, lumière LED, nuancier et solution éclaircissante.

Devant l’utilisation abusive du peroxyde d’hydrogène, notamment par les « bars à sourire » (mais également du peroxyde de carbamide ou du perborate de sodium), la Commission européenne a réglementé son usage par deux décrets consécutifs (le premier en 2012 et le 2ème en août dernier) : dorénavant la concentration en peroxyde d’hydrogène pour les produits commercialisés est limitée à 0,1% et à 6% pour les soins en cabinets dentaires.

Devant cette nouvelle réglementation, quelques marques ont fait le choix de se tourner vers d’autres alternatives au peroxyde d’hydrogène, plus respectueuses de l’émail des dents. C’est le cas notamment de RSD Beauty, un groupe français qui utilise un procédé breveté formulé à base de radicaux libres de carbonates (CO-) et d’un détergent à base de noix de coco pour obtenir le même résultat. Les radicaux libres sont libérés par du bicarbonate de sodium lors de la phosphatase alcaline salivaire (enzyme de la salive). D’après Stéphane Bochenek, associé au sein du groupe RSD « ce procédé breveté permet d’obtenir d’excellents résultats puisque l’on peut gagner de 4 à 6 teintes à l’issue des 4 applications. Certes, la durée de l’action est plus faible qu’avec du peroxyde d’hydrogène, mais elle présente un véritable atout commercial pour les officines qui vont ainsi pouvoir vendre plus souvent des cures à leur clientèle ».



Une action de sensibilisation et de prévention

Lorsque l’on sait que plus d’un tiers des Français n’observent toujours pas les règles d’hygiène bucco-dentaire nécessaires à une bonne santé de la bouche en déclarant se laver les dents une seule fois par jour, voire moins souvent, il apparaît évident que le pharmacien, au-delà de proposer une offre complète et diversifiée, doit continuer de sensibiliser le consommateur par des actions pédagogiques et préventives au sein de son officine.

A toutes fins utiles, rappelons qu’une bonne hygiène bucco-dentaire passe par :

• des visites régulières de contrôle (tous les 6 mois) qui permettent de détecter les débuts de lésions carieuses et de maladies gingivales, rendant ainsi leur traitement plus court, plus efficace et moins invasif,
• une alimentation régulière, équilibrée et variée, en évitant le grignotage et une alimentation trop molle,
• un brossage 2 à 3 fois par jour avec la bonne méthode et le bon matériel,
• un apport fluoré adapté et personnalisé.

Sources : Etude Ifop/ Sensodyne de juillet 2011  Ufsbd -  Union française pour la santé bucco-dentaire

 

 
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