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La régulation de la transpiration au naturel

Par SOPHIE MACHETEAU


La formulation des déodorants n’en finit pas de faire couler de l’encre. Depuis qu’ils ont été décriés en 2006 dans le livre de Rita Stiens, « La vérité sur les cosmétiques », qui révélait notamment les dangers de la présence de triclosan et de sels d’aluminium (chlorhydrate d’aluminium), les formulateurs de déodorants naturels se donnent un mal fou pour concilier efficacité, tolérance optimale et respect de l’environnement. L’enjeu est à la fois simple et complexe : ne pas perturber le phénomène naturel de régulation thermique, tout en luttant efficacement contre les odeurs et l’humidité.

La transpiration : un phénomène naturel de thermorégulation de l’organisme

Transpirer est un phénomène physiologique normal et indispensable qui permet de réguler la température corporelle. L’humidité sur la peau, destinée à rafraîchir l’organisme, est produite par les glandes sudoripares après stimulation du système nerveux dit « sympathique ». C’est une réponse à une augmentation de la température du corps générée par la chaleur ambiante, l’exercice physique, la fièvre ou l’émotion, dont le stress. Contrairement à une croyance répandue, la transpiration est quasiment inodore. Ce sont les bactéries qui s’en nourrissent qui la rendent malodorante.


Le saviez-vous ?
Les glandes sudoripares peuvent produire environ 1 litre de sueur par jour.

L’aisselle : un écosystème fragile

L’aisselle est une zone de peau très fine à la superficie réduite mais à la physiologie particulière. On y trouve un grand nombre de glandes eccrines, principales actrices de la thermorégulation du corps, au nombre de 2 à 5 millions, et actives dès la naissance.
Leurs sécrétions, constituées à 99% d’eau, sont évacuées avec un débit important allant de 200 ml à 10 litres par jour.
On trouve également des glandes apocrines, plus grosses, fonctionnelles à partir de la puberté, au conduit extérieur débouchant sur un follicule pileux et aux sécrétions différentes. Riches en lipides, elles ont un débit largement inférieur à celui des glandes eccrines, n’excédant pas les quelques microlitres (μl) par jour.
Le nombre élevé de glandes sudoripares et l’effet d’occlusion créent, au niveau de l’aisselle, un environnement favorable à la prolifération de bactéries qui s’épanouissent sur la peau et diffusent, en dénaturant les lipides et les protéines de la transpiration, des substances à l’odeur forte et persistante.


Comment réguler naturellement la transpiration ?

Pour réguler naturellement la transpiration, il est possible :

1- D’utiliser des actifs botaniques astringents, généralement sous forme d’hydrolats aromatiques ou d’huiles essentielles, tels que la sauge, la menthe ou l’hamamélis, qui resserrent les pores et aident à prévenir la transpiration.

2- D’utiliser des actifs végétaux humectants dont le plus connu et le plus utilisé est la glycérine végétale, qui présente l’avantage d’être également adoucissante.

3- D’utiliser des poudres végétales absorbantes telles que l’arrow root, les poudres de riz, de bambou ou de racine d’iris.

4- D’utiliser des poudres minérales absorbantes telles que la poudre de pierre d’alun (minerai naturel, extrait de carrières de bauxite ou d'alunite) ou la perlite.Très tendance, la perlite (de densité élevée) est extraite d'une roche volcanique, la rhyolite, aux abondants gisements non pollués qui lui confèrent une grande pureté. Après séchage à très haute température et broyage, elle est capable d'absorber spontanément l'eau et de sécher en même temps, pour un effet buvard immédiat. En épongeant et en séchant l'excrétion de sueur dès sa formation, elle l'empêche de stagner et de générer la prolifération de bactéries. Elle permet ainsi de lutter contre l'humidité sans porter atteinte à la thermorégulation de l'organisme.


Comment supprimer tout naturellement les mauvaises odeurs ?

L’urée, naturellement présente dans la transpiration, est degradée en ammoniaque par une enzyme que secrètent les bactéries commensales de la peau : l’uréase. L’ammoniaque produite entraîne une alcalinisation de l’épiderme et une stimulation de l’activité bactérienne, provoquant :

- d’une part l’augmentation de la perméabilité de la peau favorisant les irritations,

- d’autre part une suractivité des bactéries qui métabolisent les composés de la transpiration produisant ainsi des odeurs désagréables.


De nombreuses études font état de l’activité anti-uréase de certains polyphénols (un groupement hydroxyle se complexant au site de réception de l’uréase). Parmi ces polyphénols, il existe notamment un tanin spécifique de l’hamamélis, l’hamamélitanin*.

Les huiles essentielles, grâce à leurs propriétés antibactériennes et fongicides, sont également très utilisées dans la formulation de déodorants naturels pour limiter la formation des mauvaises odeurs. Parmi elles, on retrouve fréquemment  les huiles essentielles de lemongrass, tea tree, palmarosa, menthe poivrée, sauge ou fragonia.

* actif présent dans le complexe l’Amiderm ER produit par le fournisseur d’ingrédients naturels Alban Müller.

Les déodorants au naturel utilisent très souvent deux actifs particulièrement intéressants :

Le Farnesol est un composé aromatique de la famille des alcools primaires sesquiterpéniques acycliques. Il existe à l'état naturel dans de nombreuses huiles essentielles, notamment celle de Palmarosa, réputée pour son efficacité dans les déodorants. Ce composé a une puissante efficacité bactériostatique, en particulier sur les bactéries "gram positive" responsables des odeurs corporelles. Son efficacité dans les déodorants a été comparée à celle du triclosan (antibactérien puissant couramment utilisé dans les produits d'hygiène, mais fortement décrié) et les résultats montrent une efficacité similaire, même après 12h et 24h.

Le Lemonester (citrate de triéthyle), obtenu par biotechnologies (fermentations) à partir de sources végétales renouvelables, qui prévient le développement des mauvaises odeurs.
Cet ester de l'acide citrique est un excellent solvant polaire pour les composés aromatiques. Il a aussi la propriété d'inhiber l'activité enzymatique des bactéries, ce qui les empêche de dégrader certains esters présents dans la sueur. C'est notamment la dégradation de ces esters en acides odorants qui est responsable des mauvaises odeurs corporelles.


L'association du farnesol et du Lemonester agit donc de manière synergique pour éviter le développement des mauvaises odeurs corporelles, sans bloquer le processus naturel de transpiration, qui est très important puisque ce dernier permet à l'organisme d'évacuer une partie de ses toxines.


Comment apaiser et adoucir au naturel ?
Parmi les nombreux ingrédients naturels adoucissants et/ ou apaisants, deux d’entre eux tiennent une place de choix dans les listes INCI des déodorants :

• Tout d’abord l'allantoïne, l'un des principes actifs de la grande consoude, traditionnellement utilisée pour ses propriétés cicatrisantes, régénérantes et apaisantes.

• Ensuite l’aloe vera : non content d’être purifiant, grâce à son activité anti-bactérienne (propriétés inhibitrices sur le champignon Candida albicans), l’aloe vera calme les inflammations et soulage les irritations de la peau.


A la recherche d’une efficacité prouvée

Pour satisfaire les consommatrices de plus en plus exigeantes, en quête d’une efficacité prouvée sur 24h, les industriels font de plus en plus tester in vivo leurs produits ou optent pour des actifs objectivés dont ils utilisent notamment les allégations anti-bactériennes.

Désormais, les déodorants naturels doivent redoubler d’effort et de créativité pour rivaliser avec leurs homologues conventionnels et rassurer le consommateur.  Il semblerait qu’un grand nombre d’entre eux aient remporté le défi avec brio.

Cet article continu avec une sélection de déodorant au naturel
 
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